Le souffle autant que l'assiette
- Vanessa Quindici

- il y a 4 jours
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Le 07 août 2026, nous entrons dans l'automne selon la vision des cycles chinois. C'est la saison de l'élément METAL, dont l'organe est le Poumon.
En médecine chinoise, ce qui nous nourrit ne passe pas uniquement par l'assiette. L'énergie que nous produisons à chaque instant est permise par deux apports.
D'une part les aliments, réceptionnés par l'Estomac puis assimilés grâce au Pancréas (notamment), qui appartiennent à l'élément TERRE.
D'autre part, l'air capté par les Poumons donc, énergie du METAL (qui comprend aussi le Gros Intestin).

Nous mangeons trois fois par jour et nous respirons environ vingt mille fois.
La façon dont nous respirons compte donc au moins autant que le contenu de nos assiettes !
Une boucle dont on ne sort pas
La plupart d'entre nous respirons trop vite, uniquement dans le thorax, sans que l'air descende jamais plus bas.
Le stress accélère le souffle. Cette accélération est ensuite interprétée par le corps comme un signal de danger, ce qui maintient le système nerveux sympathique en position dominante, lequel accélère encore le souffle... La boucle se referme, c'est un cercle vicieux.
Beaucoup de personnes que je reçois en cabinet vivent ainsi depuis des années sans l'avoir jamais identifié.
Un souffle ralenti, avec une expiration allongée, produit l'effet contraire.
L'expiration agit comme un frein sur le rythme cardiaque, par l'intermédiaire du nerf vague. Plus elle se prolonge, plus les rythmes cardiaque et respiratoire ralentissent, et plus le système nerveux bascule vers le mode parasympathique, celui de la sérénité et de la régénération.
Les effets réels et utiles du dioxyde de carbone
Respirer profondément ne fait pas entrer davantage d'oxygène dans le sang.
L'hémoglobine, cette protéine des globules rouges qui transporte l'oxygène, est déjà remplie à 97 % au repos. Le camion est plein, on ne peut rien y ajouter.
Le problème se situe à la livraison (à nos cellules). Et ce qui commande cette livraison, c'est le dioxyde de carbone, ce fameux CO₂ que nous considérons à tort comme un simple déchet.
Lorsqu'un muscle travaille, il produit du CO₂. Ce CO₂ acidifie légèrement le milieu autour de lui, et cette acidité modifie la forme de l'hémoglobine, qui relâche alors son oxygène précisément là où il est réclamé. Le tissu qui consomme fabrique donc lui-même le signal qui déclenche la livraison de ce dont il a besoin pour continuer de fonctionner optimalement. Ce mécanisme porte le nom d'effet Bohr, du physiologiste danois qui l'a décrit il y a plus d'un siècle.
Respirer trop vite revient à évacuer trop de CO₂. Le signal s'appauvrit, la livraison se fait moins bien, et le cerveau reçoit en outre moins de sang, car un sang pauvre en CO₂ resserre les vaisseaux cérébraux. C'est ce qui explique les vertiges lors d'une crise d'angoisse : la personne suffoque alors que son sang regorge d'oxygène.
En résumé, une respiration ralentie, avec une rétention, maintient dans le sang un taux de CO₂ suffisant pour que l'hémoglobine libère une plus grande part de son oxygène au niveau des capillaires, là où les cellules le réclament.
Ce qu'apporte la rétention
La respiration 4-7-8 se compose d'une inspiration sur quatre temps, d'une rétention sur sept temps pendant lesquels le souffle est retenu à poumons pleins, et d'une expiration sur huit temps.
Cette rétention ralentit considérablement le cycle, qui dure alors dix-neuf secondes et ramène à trois respirations par minute au lieu d'une quinzaine environ. Elle laisse aussi le taux de CO₂ augmenter légèrement dans le sang, et c'est là que se joue l'essentiel.
Ce qui déclenche l'envie de respirer n'est pas le manque d'oxygène mais l'élévation du CO₂, détectée par des capteurs situés dans le tronc cérébral.
Chez les personnes sujettes aux crises de panique, les travaux ont montré que ces capteurs réagissent de façon disproportionnée à une élévation que d'autres tolèrent sans difficulté. Le seuil d'alarme est trop bas.
En apprivoisant progressivement ce léger inconfort, ce seuil recule. La respiration de repos devient spontanément plus lente, et un corps qui apprend à ne pas s'alarmer pour un peu de CO₂ devient moins réactif face à ce qui le sollicite par ailleurs. C'est ce qu'on appelle élargir sa fenêtre de tolérance au stress, et cet effet dépasse largement le moment de la pratique.
Assimilation et système nerveux
Puisque nous parlons des deux nourritures, ce point ne peut pas être laissé de côté : le souffle conditionne directement comment vous assimilez ce que vous mangez.
La digestion est une fonction parasympathique.
Les sécrétions digestives, la motilité intestinale et l'absorption dépendent d'un système nerveux qui n'est pas mobilisé pour autre chose (modes combat fuite / figement).
Vous pouvez composer les repas les plus justes qui soient, si vous passez à table en état d'alerte, l'assimilation ne se fera pas correctement. C'est une situation que je rencontre régulièrement chez des personnes dont l'alimentation ne présente pas de défaut majeur et qui accumulent pourtant ballonnements et lourdeurs.
Avant un repas, inutile de recourir au 4-7-8. Quelques respirations avec une expiration deux fois plus longue que l'inspiration suffisent à envoyer le signal de sécurité. Trois temps pour inspirer et six pour expirer, ou quatre et huit, ou cinq et dix selon votre capacité.
Quand la pratiquer ?
Je vous disais plus haut que cette respiration permettait d'élargir votre "fenêtre de tolérance au stress" mais, celle-ci n'est pas l'outil recommandé pour des moments de tension aiguë !!
La rétention élève le CO₂, ce qui peut accroître l'inconfort d'une personne en période d'anxiété. Donc, elle ne doit pas être choisie dans ces moments là !
Une simple expiration allongée sans rétention conviendra alors mieux.
Cette respiration demande au contraire d'être abordée dans un état déjà relativement calme. Le soir avant de dormir est le moment le plus propice, le rythme long favorisant l'endormissement. Elle trouve également sa place en pratique régulière, quelques minutes par jour, pour le travail de fond sur la tolérance au CO₂.
Avant de pratiquer
Si vous n'avez jamais pratiqué de rétention (apnée), installez-vous directement au sol.
Une apnée même courte peut provoquer des vertiges chez une personne non habituée, et sur une chaise une perte d'équilibre entraîne une chute. Dégagez l'espace autour de vous, sans table basse ni angle de meuble à proximité.
Si la tête tourne à un moment quelconque, arrêtez et revenez à une respiration normale.
Si la rétention de sept temps vous met mal à l'aise, raccourcissez-la ou supprimez-la.
Quatre temps d'inspiration, quatre de rétention et huit d'expiration constituent un bon point de départ.
Vous pouvez encore raccourcir les phases : trois temps d'inspiration, trois de rétention et six d'expiration.
Et si l'apnée est trop difficile au départ alors contentez-vous de quatre temps d'inspiration et huit d'expiration.
L'important est que l'expiration demeure la plus longue.
Demandez l'avis de votre médecin en cas de grossesse, d'hypertension non contrôlée, de pathologie cardiaque ou respiratoire, d'épilepsie, ou de trouble anxieux sévère avec crises de panique.
La pratique
Trois minutes suffisent
Pour accéder directement à la pratique, voici la respiration 4-7-8 sans blabla :
Merci de votre intérêt :)
Bel automne à toutes et à tous.
Vanessa



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